Crypto-monnaie : une nouvelle façon de financer son entreprise

Alors que la volatilité du cours des crypto-monnaies alimente encore la controverse, la technologie blockchain continue sur sa lancée disruptive. De la communication à l’audit sans oublier le fonds d’investissement, on assiste dans l’hexagone à la mise en place de tout un écosystème autour des devises numériques.

Les crypto-monnaies introduisent désormais une toute nouvelle forme de financement particulièrement avantageux pour les jeunes entreprises.

L’Initial Coin Offering (ICO)

 

Aujourd’hui, les crypto-devises sont principalement utilisées à des fins spéculatives. L’exceptionnelle volatilité, caractéristique de ce marché, pousse en effet la majorité des traders à acheter des crypto-monnaies pour profiter des variations rapides des cours.

Mais si les entreprises sont de plus en plus nombreuses à s’intéresser à ces actifs, ce n’est pas tant dans un but spéculatif.

En réalité, les crypto-monnaies ont révélé une réelle capacité à générer de la valeur. Leur capitalisation boursière est évaluée à plusieurs centaines de milliards de dollars US. En outre, de nombreux experts y voient une réelle valeur marchande qui pourrait régir les échanges commerciaux.

La technologie elle-même est présentée comme une avancée dont les retombées seront au moins aussi importantes que celles de la création d’internet. Du coup, les projets autour de la blockchain passionnent et n’ont de cesse d’attirer de nouveaux investisseurs. Une aubaine pour les entreprises en quête de financement. Et c’est là que les ICO entrent en jeu.

Il s’agit d’un acronyme inspiré de l’IPO correspondant à l’introduction d’une société en bourse. L’Initial Coin Offering est donc une sorte de financement participatif, consistant pour l’entreprise en une émission d’actifs numériques. Ces actifs numériques, appelés tokens, sont des sortes de titres financiers mis en vente auprès du public contre de la monnaie fiduciaire ou le plus souvent, des crypto-monnaies comme le Bitcoin ou l’Ether.

 

Les avantages

Pour une entreprise, les méthodes traditionnelles de financement sont : l’émission d’actions supplémentaires (ordinaire ou privilégié), le prêt (y compris le prêt avec participation aux bénéfices) et l’obligation. Du point de vue d’un jeune entrepreneur, chacun de ces canaux présente des limites.

La participation d’actionnaires au capital alourdit la gestion de la start-up. Les prêts sont généralement difficiles à obtenir pour les start-ups et ne répondent souvent pas à leurs besoins (par exemple, remboursement du montant nominal et des intérêts fixes indépendamment de la performance de la start-up, clauses restrictives ou charges administratives), et les obligations qui sont en principe des prêts divisés en parts égales et à termes égaux présentent parfois les mêmes inconvénients que les prêts classiques.

A contrario, l’ICO permet à l’entreprise de lever des fonds bien plus facilement. En France, le marché de l’ICO se professionnalise très vite. Sous l’impulsion des pouvoirs politiques, l’Autorité de Régulation des Marchés Financiers a été chargée de proposer un cadre légal pour faire de la France la première grande place financière à pleinement intégrer cette innovation.

Il est notamment prévu que l’AMF délivre des “visas” optionnels aux entreprises dont l’ICO respecte un certain nombre de critères, l’objectif étant de protéger les investisseurs. La mise en service de ce label créera un précédent au niveau mondial.

 

 

Après le boom de 2017 des ICO, leur utilisation est toujours en progression. De plus en plus de start-ups optent pour ce mode de levée de fonds. A la fois sécurisées, simples et rapides, les levées de fonds sont sans limite et permettent aux heureux élus de réunir des capitaux quasi inatteignables par d’autres moyens.
L’utilisation des ICO valorise également inévitablement le cours du Bitcoin et permet aux crypto-monnaies de rentrer doucement mais sûrement dans les habitudes des entreprises et particuliers.